1862 - La revue des deux mondes

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November 1st, 1862

L' INDUSTRIE MODERNE, SES PROGRÈS ET LES CONDITIONS DE SA PUISSANCE A PROPOS DE L' EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1862 par M.Michel Chevalier de l'Institut

Parmi ces machines, il en est quelques unes qui semblent appelées à rendre quelque consistance à l’industrie domestique tant ébranlée par le système manufacturier. La plus remarquable est la machine à coudre qu’on a successivement perfectionnée de manière à travailler le cuir aussi bien que les tissus les plus fins et à produire les diverses sortes de points. Par la modération de son prix (de 125 à 250 francs environ) la machine à coudre est à la portée d’un très grand nombre de ménages et elle rendra de grands services dans les familles. Déjà aux États-Unis, elle est acclimatée au coin du foyer domestique. La maison américaine Wheeler et Wilson qui construit avec supériorité la machine à coudre s’est outillée de manière à en faire cinquante mille par an. Il y en a de françaises, d’anglaises et d’américaines. Un des quartiers de l’exposition en est rempli et comme elles fonctionnent ce n’est pas celui où les curieux se pressent le moins. Le nombre des personnes qui s’informent avec une curiosité extrême des résultats obtenus est considérable. Ces résultats peuvent se formuler ainsi dans les industries où l’on opère sur des matières dures à percer comme la sellerie. La mécanique a son plus grand triomphe : une machine à coudre fait l’office de vingt cinq hommes dans la couture ordinaire, elle fait l’ouvrage de dix ouvrières et de cinq avec le point de surjet. La machine à coudre a sa place marquée dans les manufactures de confection, d’habillement pour le moins autant que dans les familles On l’y observe en pleine activité et en plein succès.